Du 02/10 au 30/10 2021 

à La Réserve (29 bvd Henry IV - Paris IV)

 

 

 

Le soulèvement est un mouvement qui défie la gravité, cette force immanente à notre monde. Le sous-entendu vaut métaphore d’un choix combatif de ne pas se résigner, de ne jamais abandonner.

 

Les puissances immanentes qui s’équilibrent pour contenir notre monde se révèlent dans cet accrochage. Il en est ainsi de la gravité grâce à l’hélium d’un ballon soulevant la prise mini-jack d’un casque audio, tête chercheuse et désirante d’un contenant pour se pluguer, mais aussi de la lumière qui se révèle dans les reflets d’une marre ou dans les arcs colorées dessinant des glyphes imaginaires comme des particules élémentaires nées de la diffraction de la lumière blanche. 

 

Ces éléments qui habitent notre environnement s’inspirent de l’interprétation des sciences fondamentales qui décrivent notre monde comme une somme de puissances paradoxales à la fois ondulatoires et matérielles. C’est le paysage d’un monde quantique où notre intuition s’abandonne aux surprises de l’infiniment petit et du divinement grand. 

 

Se soulever, c’est aussi être habité d’un puissant désir de vivre qui habite chacun de nous, un besoin de s’extasier des délices qui s’offrent à nos sens, c’est la joie enfantine de vivre des expériences nouvelles et de surprendre les conditions de notre présence au monde. 

 

Mais aussi...

 

C’est aussi une pratique qui laisse toute sa place au corps. Le corps qui perçoit et le corps qui s’exprime. Elle est portée par la spontanéité de la performance. C’est peut-être le sens de cette action intitulée «Jour de Lessive» (2001) où un fil à linge se tend entre les deux tours du château fort de la Napoule pour laisser sécher pantalon, Tshirt et serviette de bain (page suivante).

 

Souvent la fragilité du vivant y dialogue avec l’illusion du permanent comme on le constate dans cette cheminée illusoire en ciment et en briques de beurre  dont le oiseaux viennent manger les briques, ne nous laissant à voir que la dentelle des joints de béton (Chimney, 1999). 

 

C’est un jeu qui tire sa poésie et son humour de l’éphémère et du détournement comme en témoigne cette photographie d’un jaune d’oeuf déposé sur le blanc scintillant de bris de verre (Eastern Egg,  2018). 

 

Par des gestes simples, des seuils sont déplacés, des topographies et des interstices sont révélés.  En soulignant les paradoxes de notre condition au monde, des points de bascule émergent et se livrent à notre attention.

 

Ainsi, on peut surprendre les diverses conditions qui précèdent la constitution de notre environnement et hacker ces assemblages complexes que nous appelons «réalité».